Nucléaire, charbon, gaz : ce qu’est devenue l’électricité française depuis 2012

Graphique : production d'électricité en France en 2012 et en 2025, en baisse pour le charbon et le gaz, en forte hausse pour l'éolien et le solaire.

Cet article actualise un billet publié le 6 juin 2012 sur l’ancien blog d’EkOolos, « Moins de nucléaire, plus de charbon et de gaz de schiste ». Les chiffres sont ceux de 2026, avec leurs sources.

En juin 2012, ce blog titrait « Moins de nucléaire, plus de charbon et de gaz de schiste » : à l’échelle du monde, le charbon et le gaz de schiste avaient le vent en poupe. Treize ans plus tard, regardons ce qui s’est passé en France, avec les chiffres de RTE, le gestionnaire du réseau électrique. La réponse est presque l’inverse du titre.

2012 contre 2025 : ce qui a changé

Production d’électricité en France20122025Évolution
Charbon17,4 TWh0,7 TWh−96 %
Gaz25,0 TWh16,4 TWh−34 %
Fioul4,5 TWh0,8 TWh−82 %
Nucléaire405 TWh373 TWh−8 %
Éolien14,9 TWh49,6 TWh× 3,3
Solaire3,8 TWh32,5 TWh× 8,6
Hydraulique63,4 TWh61,9 TWhstable (selon la pluie)
CO₂ par kWh produit59,3 g17,4 g−71 %
Consommation487 TWh444 TWh−9 %
Source : RTE, éCO2mix (données consolidées et définitives), via ODRÉ. 1 TWh = 1 milliard de kWh.

Le charbon a presque disparu

Le charbon est passé de 17,4 TWh à 0,7 TWh. Avec le gaz et le fioul, les énergies fossiles fournissaient 8,7 % de l’électricité produite en France en 2012 ; elles n’en fournissent plus que 3,3 % en 2025. Résultat : chaque kWh produit émet en moyenne 17,4 g de CO₂, contre 59,3 g en 2012, soit 71 % de moins.

2022, l’année où tout a vacillé

La trajectoire n’a pas été régulière. En 2022, la production nucléaire est tombée à 279 TWh, son plus bas de la période, quand une partie des réacteurs était à l’arrêt pour des contrôles et des réparations. Cette année-là, la France a produit moins d’électricité qu’elle n’en a consommé (443 TWh contre 450 TWh) et le prix de gros moyen a atteint 275 € le MWh, contre 61 € en 2025.

Éolien et solaire : de 3,5 % à 15 % de la production

L’éolien a été multiplié par 3,3 et le solaire par 8,6. Ensemble, ils sont passés de 3,5 % à 15,0 % de la production. Pour se représenter ces volumes : 1 TWh correspond à la consommation annuelle d’environ 200 000 foyers moyens (5 000 kWh par an). Les 32,5 TWh solaires de 2025 couvrent ainsi l’équivalent de la consommation de 6,5 millions de foyers.

Une production qui dépasse largement la consommation

En 2025, la France a produit 546 TWh pour une consommation de 444 TWh. L’écart, d’environ 102 TWh, comprend les exportations vers les pays voisins, l’énergie utilisée pour remonter l’eau des barrages de pompage et les pertes du réseau. La consommation, elle, a baissé de 9 % depuis 2012.

En 2025, l’électricité produite en France émettait en moyenne 17,4 g de CO₂ par kWh, contre 59,3 g en 2012, soit 71 % de moins. La production nucléaire a atteint 373 TWh, l’éolien 50 TWh et le solaire 33 TWh.

Le graphique se met à jour avec les données de RTE. Les chiffres mois par mois, le CO₂ et les prix sont sur la page l’électricité en France depuis 2012, et la situation de l’instant sur l’électricité en direct.

Notre billet de 2012 regardait le monde ; celui-ci ne parle que de la France, dont le mix électrique, très nucléaire, n’est pas représentatif de la moyenne mondiale.