Stocker l’électricité en France : barrages de pompage et batteries en chiffres

Graphique : puissance des six stations de pompage françaises, de Grand'Maison (1 800 MW) à La Coche (380 MW), comparée aux batteries (2 263 MW).

Cet article actualise deux billets publiés les 2 août et 2 octobre 2014 sur l’ancien blog d’EkOolos, « Une diversité de technologies pour le stockage des énergies renouvelables » et « Le principe du volant d’inertie pour le stockage d’énergie ». Les chiffres sont ceux de 2026, avec leurs sources.

Le soleil brille à midi, on cuisine à 20 h. Le vent souffle la nuit, on lance le lave-linge le samedi matin. Stocker l’électricité, c’est réconcilier les deux. En 2014, nous passions en revue les techniques possibles, du barrage au volant d’inertie.

Douze ans plus tard, la France stocke surtout de deux façons : avec de l’eau qu’on remonte en altitude, comme depuis les années 1970, et, nouveauté, avec des batteries géantes, qui pèsent déjà près de 2,3 GW au registre national.

Les barrages qui remontent l’eau

Une STEP (station de transfert d’énergie par pompage) relie deux lacs à des altitudes différentes. Quand l’électricité est abondante, elle pompe l’eau vers le haut. Quand on en manque, l’eau redescend dans des turbines. La France en compte six, pour environ 5,1 GW, soit à peu près la puissance de cinq réacteurs nucléaires.

Station de pompage (STEP)Puissance
Grand’Maison (Isère)1 800 MW
Montézic (Aveyron)910 MW
Revin (Ardennes)800 MW
Super-Bissorte (Savoie)730 MW
Le Cheylas (Isère)460 MW
La Coche (Savoie)380 MW
Total5 080 MW
Source : EDF. 1 MW (mégawatt) = 1 000 kW.

Ces stations travaillent de plus en plus : elles ont consommé 8,1 TWh pour pomper en 2025, contre 6,7 TWh en 2012. Un TWh (térawattheure) vaut un milliard de kWh. 8,1 TWh, c’est la consommation annuelle d’environ 1,6 million de foyers moyens.

Les batteries : le grand changement depuis 2014

En 2014, les batteries raccordées au réseau relevaient presque de la curiosité. Aujourd’hui, le registre national recense 906 installations de stockage hors barrages, pour 2 263 MW : il s’agit surtout de batteries. Ces dernières semaines, elles ont injecté jusqu’à 544 MW sur le réseau.

Elles ne remplacent pas les barrages : une batterie se vide en général en quelques heures au plus, et sert surtout à lisser les pointes et à stabiliser la fréquence du réseau. Mais elles réagissent en une fraction de seconde. C’est d’ailleurs ce rôle de réactivité que l’on prêtait au volant d’inertie en 2014 : la technique existe toujours, mais elle reste un créneau.

En clair

Les six STEP françaises représentent une puissance comparable à cinq réacteurs nucléaires. Les batteries du réseau, 2,3 GW, en pèsent déjà près de la moitié, mais pour des durées bien plus courtes. Et l’eau pompée en un an représente la consommation de 1,6 million de foyers.

Et chez vous ?

Une batterie domestique stocke la production de panneaux solaires pour la soirée. Son intérêt dépend de votre consommation en journée et de son prix : notre article sur l’autoconsommation solaire et le simulateur solaire aident à faire le calcul. La production et la consommation françaises, quart d’heure par quart d’heure, sont sur notre page en direct.

Sources : EDF (liste et puissance des six STEP) ; RTE, éCO2mix consolidé via ODRÉ (énergie consommée pour le pompage, 2012 et 2025) ; RTE, éCO2mix temps réel (injection des batteries, septembre-octobre 2026) ; registre national des installations de production et de stockage d’électricité, ODRÉ (filière « stockage non hydraulique », octobre 2026). Équivalence réacteur : ordre de grandeur d’environ 1 GW par réacteur.